Virginie : portrait d’une multipotentielle avant-gardiste

Virginie : portrait d’une multipotentielle avant-gardiste

Portrait de Virgnie, graphiste et fondatrice de l’Agence-Ecole LVB2. Elle est l’une de ces personnes qui suivent un parcours hors normes, s’en nourrissent et inspirent ceux qui croisent son chemin.

Comment as-tu trouvé ta voie ?

Pas tout à fait qu’une en réalité. Je suis issue d’une famille très créative, ça a beaucoup influencé mon parcours. J’ai intégré l’EPSAA – l’Ecole Professionnelle Supérieure d’Arts graphiques et d’Architecture – après mon Bac. Là, je suis passée d’élève très moyenne à bonne élève, simplement parce-que j’ai commencé à faire ce que j’aimais. Et puis j’ai eu beaucoup de chance. J’ai préparé mon diplôme avec une entreprise qui m’a accompagnée pendant 3 ans en me proposant dans la même journée de passer d’un stage à un CDD, pour finir en CDI !

J’ai donc une formation dessin, typo et graphisme. J’intègre l’illustration au cœur du graphisme, ce qui n’est pas courant. D’habitude, il y a les illustrateurs d’un côté, les graphistes de l’autre. Quand j’ai dû passer mon diplôme avec une spécialité unique, on m’a dit « Tu sais, il va falloir que tu choisisses entre l’illustration et la typo» et j’ai répondu « Non ! Jamais ! »

Tu es freelance, directrice artistique et pédagogique, mais aussi passionnée par le dessin et la musique… Comment gères-tu l’approche “multipotentielle” de ton parcours ?

A l’époque où je suis entrée sur le marché du travail, on s’intéressait peu à cette qualité. On suivait le schéma classique d’un travail unique, sur la durée, on privilégiait la stabilité mais ça ne m’a jamais vraiment correspondu. Alors j’ai fait autrement. Il faut dire qu’à ce moment là, c’était peut-être plus simple de trouver un job…

Aujourd’hui, tout doit être calculé, provoqué. En quelques années notre rapport au temps s’est profondément transformé et on laisse beaucoup moins de place au hasard. C’est comme si on tentait de brider la liberté alors que pour se sentir libre, il faut arrêter de vouloir tout décider ! Dans mon parcours, prendre le temps et me fier à mon intuition sans chercher à tout rentabiliser m’a beaucoup servi.

Evidemment je me suis parfois sentie dispersée. Je crois que dans un premier temps, je ne me suis pas rendue compte de la valeur que pouvait avoir ce côté touche-à-tout. Mais je suis têtue et j’ai toujours cherché à faire ce qui me plaisait réellement sans avoir à choisir. Tout compte fait, j’ai vraiment eu à cœur d’aller au bout des choses même si ça a parfois pris des années !

Portrait cohoming virginie

Parle-nous de l’Agence-Ecole LVB2. Comment est-elle née ?

En 2002, je suis tombée enceinte. Ça a son importance car c’est à cette période que j’ai rencontré Liseron Beytout, mon associée, dans une piscine de femmes enceintes. Après la naissance de nos filles, on a commencé à travailler ensemble, en tant que graphistes du même quartier. J’étais freelance et j’en avais un peu marre de travailler toute seule. Et à l’époque, il n’y avait pas Cohome !

Un peu plus tard, et tout en restant freelance, je me suis tournée vers l’enseignement dans un centre de formation qui s’était improvisé école. Ça a été mon premier contact avec l’alternance et j’ai découvert que dans les arts graphiques, ça ne fonctionnait pas aussi bien que dans d’autres domaines pour différentes raisons. A cette période, l’idée d’une école d’un genre nouveau a commencé à germer dans ma tête. Je me suis réveillée un matin avec l’envie de faire venir l’entreprise à l’école, pour changer. Je me suis empressée d’en faire part à Liseron et à nous deux, nous avons conçu LVB2, une alternative à l’alternance. Hasard ou non, ça nous a pris neuf mois !

LVB2 a ouvert ses portes en 2011 et c’est avec grand plaisir que j’ai pu mettre à profit ma double casquette – graphiste et enseignante – dans un seul et même lieu.

Peux-tu nous en dire plus sur votre approche de l’enseignement ?

Notre agence-école fonctionne avec une particularité : nos étudiants travaillent uniquement sur des projets réels, et ce dès la première année. C’est une excellente manière pour eux de se former et de gagner en confiance, puisqu’ils rencontrent très tôt de vrais clients et apprennent à travailler en conditions réelles.

Je crois que le système éducatif a une véritable responsabilité vis-à-vis de ses élèves. En France, la notion d’éducation et les approches pédagogiques évoluent, doucement mais sûrement. Il y a un point qui nous a motivé à créer notre propre école : c’est le constat que dans certains établissements, la sélection se base sur des critères qui sont pour nous inadmissibles. L’idée de « casser » les élèves en testant leur solidité plutôt qu’en valorisant leur potentiel n’est pas pertinente. Dans nos métiers, c’est justement la sensibilité et la singularité des personnes qui enrichit leur créativité. Avec Liseron, nous pensons que nos élèves n’ont pas à subir un enseignement mais simplement à le recevoir.

Une citation que tu souhaiterais partager pour terminer ?

Dans « éclore » il y a « école ».

Vous souhaitez cohomer chez Virginie à l’agence-école LVB2 ? C’est par ici que ça se passe !

virginie

*Crédit photo Soufien Arbia

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